Lorsque le Conseil national hier a refusé de renoncer à la sortie du nucléaire en Suisse, j'ai pensé que ouf! Le débat sur l'énergie éolienne aurait enfin lieu. Que les vérités sur les capacités limitées qu'offrent les énergies intermittentes devraient être enfin avouées par nos politiciens. Jusqu'ici ils se sont contentés de faire des projections plutôt vagues et d'écarter les citoyens des décisions. Pour convaincre sur le retour du nucléaire, il aurait fallu relativiser quelques arguments en faveur du renouvelable. Comme ceux sur l'autonomie énergétique dans une société où la consommation électrique explose. Je me réjouissais de voir enfin ces aspects-là de la politique énergétique en cours être débattus en hauts lieux.
Le retour au nucléaire n'a jamais quitté les objectifs des milieux énergétiques suisses. Cette transition énergétique bâclée, qui ne donne aucune solution à l'approvisionnement démesuré de notre société servaient leurs intérêts.
Le retournement du Conseil national quelques heures plus tard qui annule la sortie du nucléaire voté par le peuple après Fukushima, ménage la chèvre et le chou. Pour qui? Pour les producteurs-vendeurs!
Grâce aux verts et aux socialistes, la pression sur les espaces naturels et habités va être très forte ces prochaines années pour les couvrir d'éoliennes et de panneaux solaires, en réponse à cette attaque des milieux bourgeois, libéraux et conservateurs, eux-même abreuvés par les spéculations financières des industriels de la branche. On pourrait bien assister à un acharnement de la part de la gauche et des verts pour lutter contre ce retour de manivelle. Trop tard. C'est avant qu'il fallait convaincre que c'était possible de faire sans le nucléaire. En osant revoir tout le système de consommation et de production et non pas en se liant à des sociétés ultra libérales qui ont dicté les règles de cette transition énergétiques en bafouant nos spécificités géographiques, écologiques et sociétales. Il aurait fallu parler transition et non industrialisation. Il aurait fallu rassembler autour de projets novateurs, respectueux, sans secrets d'affaire, sans spéculation ou sans tentatives répétées d'évincer la population des décisions finales.
La gauche comme la droite manoeuvrent au-dessus des citoyens et gémissent contre des opposants qu'ils voudraient muselés et spectateurs impuissants de leurs batailles incessantes, au point de voler au-dessus des lois démocratiques les plus élémentaires. Au point de fricoter les uns comme les autres avec des méthodes dignes de l'autoritarisme.
Si la transition énergétique n'a pas lieu, c'est par manque de courage politique. Chacun pour défendre sa vision, crache sur le peuple. Mais c'est d'abord avec nous, les citoyens, et pas avec les promoteurs, producteurs, investisseurs et cie qu'il fallait négocier ce changement de paradigme. Depuis le début nous nous sentons otages de vos décisions. Vous avez tout gâché.
Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire