samedi 18 juin 2022

Alors voisine, presque 13 ans plus tard, comment ça va?

 


Après 13 ans de vie  avec des éoliennes à proximité de la maison, on se dit encore et toujours chaque fois que notre regard les croise: quel gâchis! La conviction qu'elles représentent un désastre écologique, humain, social, politique, économique et même énergétique est intacte. Renforcée même. L'ignorance de nos politiciens qui ânonnent avec les promoteurs déçoit d'autant plus qu'elle perdure. Si les opposants ont fait un chemin immense sur la connaissance de cette problématique, eux passent leur temps à affûter leurs arguments et les moyens légaux pour les imposer, sans avoir jamais démontré le bien fondé de leurs ambitions. 

Voici la preuve de cet immobilisme, de cette désinvolture, de cette suffisance: ces témoignages incroyables qui racontent la malhonnêteté avec laquelle ces projets se répandent et qui se succèdent années après années. En Suisse seul le journal Vigousse (La Tuile aussi dans le Jura, mais là, dès le départ le rédacteur avait compris) donc seul Vigousse  a osé changer son point de vue et en rendre compte sans se plier au diktat de la presse nationale qui marche avec les informations de Suisse eole et autres chantres du vent.

Excellent article de Vigousse à lire ici (si vous êtes sur facebook...) ou ci-dessous en image et qui abonde dans le sens de ce témoignage:

Témoignage

Alain Kint
6 juin 2022 à 16:29
Guette Maria-Tarade : Pris chez un ami. J'ai 35 ans, je suis agricultrice bio en Auvergne. Il y a deux ans, j’ai été contactée par une entreprise privée qui avait pour projet d’installer un parc d’éoliennes dans ma commune. Je les ai reçus avec joie ! J’avais hâte de participer à un projet écologiste.
- Première surprise : je m’attendais à rencontrer un représentant de l’État, ou de la préfecture pour ce genre de projet (l’énergie est, il me semble, le bien de tous et nous sommes tous concernés).
En fait, il n’en était rien : c’était bien une entreprise privée financée par des fonds de pensions étrangers qui était chargée du projet.
Un peu bizarre, mais, après m’être renseignée, je me suis aperçue que tous les projets étaient tenus par des sociétés privées qui prospectent un peu partout en France pour chercher des terrains où placer des éoliennes.
Je pensais donc que cette société voulait m’acheter un bout de terrain, un peu comme un promoteur immobilier « du vert ».
- Deuxième surprise : la société envisageait effectivement d’implanter une éolienne chez moi, mais elle ne voulait « surtout pas » me déposséder de mes terres. Elle voulait seulement louer le terrain. Et cela, pour une somme absolument mirobolante : 30.000 euros par an pour deux éoliennes implantées.
Mes revenus actuels sont de 1.500 euros par mois, pensez-donc, 30.000 euros net par an et pendant 20 ans !
Pendant 20 ans... 30.000 euros qui tombent tous les ans et je participe à l’écologie nationale. Un rêve !
La société a insisté pour que je signe « rapidement », car d’autres agriculteurs pouvaient être aussi intéressés. A 30.000 euros par an, je n’en doutais pas une seconde. Mais... je suis auvergnate, et par nature, méfiante, « ils veulent payer 75 fois le prix de la terre sans la posséder ? Ici ? Là où nos terres ne valent pas grand-chose ? Il y a un loup quelque part ».
Alors j’ai cherché le loup. Et je l’ai trouvé en demandant un nouveau rendez-vous avec la société. Je leur ai demandé un contrat du bail. Et j’ai lu toutes les petites lignes.
Et voici la question que je leur ai posée : au bout de 20 ans, que se passe-t-il ?
Une réponse très floue : .... on ne sera plus là, car on revend nos implantations à des entreprises étrangères (chinoises notamment). Mais comme la loi nous demande de prévoir le démantèlement de l’éolienne. Nous vous provisionnons 50.000 euros pour vos deux éoliennes.
Parce que, bien entendu, au bout de 20 ans, une éolienne, elle est en fin de course, foutue et il est stipulé de la démonter.
Ah bon, alors j’ai fait venir plusieurs entreprises spécialisées dans le démantèlement des éoliennes.
Résultat : devis pour une éolienne (hauteur 80 mètres), le coût minimum est de 450.000 euros par éolienne, à charge du propriétaire du terrain.
Et s’il ne peut pas payer ? Comme il s’agit d’une éolienne industrielle, l’État se retourne contre le propriétaire, puis contre la commune.
Je fais un rapide calcul : le projet d’ensemble de ma commune de 200 habitants comprend 7 éoliennes, soit 450 000 x 7 = 3.150.000 de dette pour la commune.
C'est la faillite pour tous !
Ensuite je me suis demandé pourquoi cette société voulait implanter des éoliennes dans un endroit où il y a si peu de vent.
Réponse : en effet, il n’y a pas assez de vent, mais nous allons construire des éoliennes beaucoup plus hautes... 80 mètres de haut.
Fort bien. Pour des éoliennes qui ne tourneront que 25 % du temps, c'est pas très rentable..
Mais, comment se fait-il que des fonds de pension s’intéressent tant à l’éolien en France ?
Tout simple !
En France, une loi exige que l’énergie verte des éoliennes soit achetée en priorité deux fois le prix des autres énergies (l’hydraulique, qui est pourtant totalement vert, n’a pas ce privilège !).
Donc, c’est intéressant pour les investisseurs étrangers, sans doute en pleine complicité avec notre gouvernement car, qui paye cette différence ? ...C'EST NOUS !
Regardez bien votre facture EDF, il y a une petite ligne qui indique que nous « participons au développement de l’énergie verte ».
En fait, nous finançons des actionnaires étrangers.
Ah oui ! Je ne vous ai pas tout dit ! Cette énergie est essentiellement destinée à être exportée.
Ça, les actionnaires s’en fichent totalement. Moi pas !
Le développement de l’éolien en France va coûter 75 milliards d’Euros financés par nous-mêmes pour détruire nos paysages, notre tourisme, la valeur de nos biens immobiliers et nos parcelles cultivables. Avec cet argent, l’état pourrait redistribuer à chaque français une part pour isoler dignement son logement. Mais ça, ça ne rapporterait rien aux actionnaires.
Faites circuler, et réfléchissez.
Sous couvert de «VERT», on nous prend pour des...

 


 

mercredi 25 mai 2022

La démocratie n'existe pas

 

las...

La démocratie: ce beau grand mot qui donne des ailes aux uns et les retire aussi sec dès qu'ils en font un usage dérangeant. 

Je pense à ces communes qui ont dit non aux éoliennes et que l'on va faire revoter, non pas pour vice de quoi que ce soit, mais juste parce que les intérêts dépassent leur concept de la démocratie. (Sonvilier )

Je pense à ces journalistes qui relatent des non-faits à longueur d'articles la plupart du temps nourris par la littérature de puissants lobbys. Inutile de les citer, c'est tout le temps: le savoir et la raison pour tous ceux qui encensent sans aucun discernement les énergies renouvelables à échelle industrielle, et le délit d'émotions pour ceux qui veulent stopper les colonisations forcées des espaces naturels par des producteurs d'énergie, ici comme ailleurs, qui creusent, saccagent, tuent même si il le faut (Mexique) . Qui paient des millions à des agences de communication pour argumenter, enjoliver même, leurs crimes contre la terre et l'humanité. Charbon, pétrole, gaz, nucléaire, mais aussi solaire, éolien, géothermie profonde, ils pillent la planète par tous les moyens, avec le même cynisme et  une auréole en plus depuis que le profit se compte en vert! ( NZZ, ces derniers jours, lamentable démonstration de parti pris à propos de Sainte-Croix)

Je pense à ces sociétés qui organisent leur propagande avec la complicité de l'éducation nationale en invitant des enfants à venir passer leur journée de sortie scolaire sur un site de production d'énergies renouvelables: bourrage de petits crânes qui rentreront chez eux avec la bonne parole. Bien que l'école se devrait d'être le berceau de l'éveil à la démocratie, personne ne sera là pour cracher sur leur vision du soleil et du vent: le savoir et la raison n'ont qu'un seul son de cloche, le leur. (Mont-Crosin, cet été)

Je pense à ces conférences organisées pour "informer" sur des sujets sérieux et urgent, comme le réchauffement climatique. À ces personnalités invitées qui osent parler de leur scepticisme à propos de l'efficacité des éoliennes face à l'urgence, et même qui le démontrent. Leurs propos sont rayés du compte-rendu dans la presse et ignorés des autres intervenants qui exhortent l'assemblée à accepter le parc éolien projeté près de chez eux, sous peine de manquer de jus par manque de foi en leurs solutions! (Delémont ce printemps)

Je pense à ces politiciens qui se gargarisent de vent pour se donner l'air de ceux qui savent ce qui est bon pour nous, ceux qui ne veulent plus voir d'opposants à leur vision du monde qu'ils s'apprêtent à construire à grands coups de pales et de matériaux rares. Ces grands dadets qui jamais ne parlent de leur ignorance sur ce qu'il en sera dans 20 ans de ce monde renouvelable, quand tout sera à refaire parce que tout sera en ruine, en fin de course, en panne, en baisse de productivité... etc. (le Canton de Neuchâtel ce jour)

Je ne pense même pas à la justice qui ânonne sur le sujet sans que personne ne puisse rien y faire, enveloppée dans son manteau fédéral elle peut dire tout et n'importe quoi, comme ce fut le cas pour le feu vert donné au parc de Sainte-Croix.

Pour toute cette lassitude, ces attaques incessantes contre l'opposition, pourtant saine partenaire de toute démocratie qui se respecte, je peine à poursuivre ma lutte. Non pas que je cède au chant des multiples sirènes utilisées ces dix dernières années pour justifier la prise de contrôle des crêtes jurassiennes par les producteurs d'énergies: d'abord le prétexte d'un peu de modernité dans nos paysages, puis la peur du nucléaire, puis les menaces de pénuries, puis la guerre en Ukraine, que de plaies livrées aux bienfaits du vent jurassien. Que de foutaises.

Le mobile du crime contre les crêtes, reste le profit, en aucun cas la raison et surtout pas le savoir. Personne ne sait de quoi notre monde énergétique sera fait demain, mais tout le monde veut en faire son cheval de bataille sans réfléchir comment, combien, pour quoi ni pour qui.

Douze ans de blablas, je ne serai plus là pour constater les dégâts de cette attaque-là, mais vu où nous en sommes aujourd'hui et vu que la manière de faire ne change pas,  nous ne sommes pas en train de faire quelque chose pour la planète, nous continuons simplement de la défaire.

vendredi 22 avril 2022

On fait de la m.... Et alors?

 

L'émission de Temps Présent, La finance lave plus vert, à suivre ici

 

 Le journalisme d'investigation est-il mort? En regardant Temps Présent hier soir c'est peut-être bien ce qui m'a le plus inquiétée. Son titre "la finance lave plus vert" augurait bien quelques révélations mais je ne crois pas avoir appris quelque chose. Que Bertrand Piccard nage davantage dans les eaux sales des sociétés comme Umicore que dans celle de la décroissance heureuse, on le savait. Les montagnes polluantes abandonnées par des multinationales qui utilisent notre épargne AVS pour les faire oublier dans de nouveaux investissement verts (lesquels?) on le savait aussi. Toutes ces aberrations et autres horreurs qui ont nourri le monde de la finance et le nourrissent encore on le sait.

Mais bref, je ne vais pas refaire le procès de ce système "to big, to fail". qui n'est pas prêt d'être changé.

En fait ce qui m'a interpellé, ce sont les limites qui entourent le reportage, on y ressent le respect de la légalité et du politiquement correct du début à la fin. Toutes ces choses dégueulasses qu'il y aurait à dire, ne se disent pas. Les big boss jouissent d'articles de loi qui leur permettent de visionner leurs interviews avant leur diffusion, de négocier ce qu'ils veulent refaire ou de faire supprimer leur intervention. La majorité de leurs actes est protégée par le secret d'affaire. Ils se contentent de plus en plus de s'exprimer dans des petits courriels adressés aux journalistes en guise de participation...

Quand à la fin du reportage la militante pour le climat écoeurée par ce qu'elle vient d'apprendre (?!) décide de placer ses économies dans une banque alternative et les panneaux solaires, on peut se demander ce qu'elle a compris exactement. Peut-être qu'une petite intrusion sur les nouveaux investissements verts de ces sociétés nous aurait apporté un éclairage bienfaisant à l'heure où le puissant lobby éolien obtient des avantages inimaginables au niveau européen pour coloniser  les terres et (plus proche de nous) des entraves à la démocratie en faisant revoter les communes qui ont déjà refusé des éoliennes sur leur territoire! Sans parler des horreurs commises au nom des énergies renouvelables aussi bien sur le plan humain qu'écologique dans les pays les moins pinailleurs sur les droits humains.

Finalement la gifle de Will Smith aux Oscars aura peut-être mieux déservie des sociétés comme Majid al Fouttaim  (lui qui fait la pub pour leur piste de ski dans un centre commercial de Dubail!) que les révélations sous haute surveillance de Temps Présent.

vendredi 8 avril 2022

Les mâts blancs aux pales sales

 

Que ne ferait pas Mme de Quattro pour conduire ses amis de Romande Energie sur le chemin des crêtes jurassiennes?...

 

Il y a quelques années la situation découlant de la colonisation par des entreprises d'électricité d'une région du Mexique chère à mon coeur, a éveillé mon indignation. Les années ont passé, les articles n'ont pas manqué: les pratiques des émissaires de l'industrie éolienne y sont démontrées comme illicites souvent, douteuses presque officiellement,  sans stratégie énergétique claire pratiquement tout le temps, dévoreuses de subventions publiques sans contrepartie qui le justifie, etc. Le monde politique s'en fiche. Rien ne change. Ils recouvrent de vert et d'urgence le mur qui sépare les magouilles des uns aux profits  des autres, en passant par les milliards qui coulent à flot dans un monde perturbé et aveuglé par des angoisses à répétition qui accélèrent le tout et n'importe quoi.

Pourtant je continue de m'indigner. Aujourd'hui davantage de l'indifférence des autres que de l'opportunisme malveillant des uns...

Voici ce que l'on trouve dans le monde merveilleusement glauque de l'écologie industrielle telle que l'on ne nous en parle pas, ou si peu...

Splann! Association d'enquêtes journalistiques en Bretagne, publie une longue enquête sur les pratiques de la société Iberdrola, à suivre intégralement en cliquant ici

Soixante-deux éoliennes seront bientôt plantées dans les fonds marins de la baie de Saint-Brieuc, en Bretagne, couvrant 75 km². La société Iberdrola, via sa filiale bretonne Ailes Marines, est à la tête de ce chantier très controversé. Avant cela, d'autres controverses. En Amérique Latine, où il y a une dizaine d'années, le leader mondial de l'énergie éolienne a laissé des traces indélébiles.

 

Fiches élaborées par les enquêteurs:

Aux pieds des éoliennes, le crime organisé (Tehantepec)

Des oiseaux morts par milliers(Tehuantepec)

"Ethnocide" au cœur de la forêt (Brésil, Belo Monte)

Teles Pires : un barrage au grand dam des amérindiens (Brésil )

Baixo Iguaçu : litiges en cascade (Brésil)

 
P.S. Dans la dernière émission d' Infrarouge ce mercredi sur la rts, Mme de Quattro a été très opportuniste avec sa petite colère à l'encontre des écologistes opposés à la destruction des sites naturels pour l'exploitation d'énergies renouvelables(dans la dernière partie de l'émission, lamentable déclaration contre les verts). Pour revenir sur le sujet qui justifiait sa présence là, le journaliste aurait alors pu au moins poser la question du lien entre les milliers d'éoliennes allemandes et la dépendance de ce pays au gaz russe. Combien d’éoliennes sont prêts à accepter des gens comme Mme de Quattro sans  poser la questions de leur pertinence réelle pour l’autonomie énergétique? Sur la durabilité de cette technologie, et d’autres, dans un monde qui montre les limites de ses ressources? Les politiciens n’ont pas de solutions mais ils font comme si c’était simple en balançant à la va-vite des espèces de "pub" au mauvais endroit, là où personne ne remet leurs affirmations en doute. On ne peut pas débattre du gaz russe en prétendant s'en passer avec des éoliennes, c'est une malhonnêteté intellectuelle. Ou une ignorance impardonnable que l'on devrait éviter de répandre. Mais comme tout ce qui entache les croyances autour des énergies renouvelables, silence radio après le "caca nerveux" de la copine de Romande Energie sur la télévision nationale. L'opportunité était belle pourtant de poser certaines questions pertinentes AVANT de réduire nos espaces naturels protégés en zones industrielles majeures! Mais depuis que guerre en Ukraine = lobby éolien aux taquets pour obtenir des procédures facilités pour imposer leurs machines, on ne pense plus. On profite...

vendredi 1 avril 2022

Le combat des pales

 



Eoliennes et fleurs des champs

Quand ils ont commencé de parler d'éoliennes en Suisse, ils ont associé leur image à de grandes fleurs légères dans les champs, aux pieds desquelles couraient des enfants et broutaient des vaches sereines. C'était vers 2008, les projets étaient encore élaborés secrètement entre communes et compagnies d'électricité ou simples lobbyistes. Une communication bien mal choisie, vue l'impact réel de ces machines sur les sols et les riverains, toutes catégories vivantes confondues. Ils n'avaient aucune chance.

Eoliennes et Fukushima

Puis il y eut Fukushima. Adieu les robes de fées, bonjour les robes d'avocat ! Pour défendre les accords internationaux visant à piller l'argent public pour la privatisation des services, ici l'électricité,  la menace nucléaire a très vite remplacée les fleurs dans la communication du lobby éolien, relayée sans discernement par des médias avides à leur tour de sensations et d'image fortes, éolien contre nucléaire, c'est parti!

Eoliennes et climat

Arrivèrent les manifestations pour le climat, avec un tas d'images propices à la propagande éolienne. Une éolienne derrière chaque Greta sur tous les écrans du monde, en tenue de Superwoman, sauveuse de l'humanité, rien que ça! Et les média remarchent à fond, presque comme un seul homme, derrière la communication de Suisse Eole et autres girouettes en charge de caser ces centrales électriques malvenues en pleine nature.

Eolienne et Ukraine

Nous y voilà: la guerre,  l'ultime alliée anxiogène qu'a trouvé Suisse Eole dans la bouche de son directeur dans un article publié sur leur site, en tenue de soldat, l'éolien va contribuer à nous libérer du gaz russe. Derrière les chars, des éoliennes...

Je ne porte pas Suisse Eole dans mon coeur c'est le moins que je puisse dire, mais là, je me suis sentie tellement dégoûtée par leurs manoeuvres pour exterminer les arguments des opposants à la destruction des sites naturels, derniers remparts contre la folie du monde, que j'ai eu honte pour eux, pour leur opportunisme  et la couleur de leur coeur, grise comme l'argent qu'ils convoitent sans aucune retenue.

Alors quand un de mes amis m'a dit avoir reçu un mandat de comparution de la procureure Claudia Correia, à Yverdon, suite à une plainte pénale déposée par Romande Energie contre eux, pour leur lutte pacifique contre les éoliennes qui menacent leurs lieux de vie, je me suis dit que ces vendeurs de pales touchaient le fond. Et que là-dessus nous ne pourrions que rebondir. Ils ne peuvent pas gagner en étant à ce point aveuglé par l'argent, ils courent derrière ce qui nous détruit depuis des décennies, ils n'ont toujours pas compris que là où ils nous poussent ils vont aussi. Ils ne font plus de différence entre ceux qui se battent pour la vie et la paix  et ceux qui se battent contre l'humanité et la démocratie. Ils saccagent la vie des autres et leur demandent de se taire. Ils utilisent tous les stratagèmes pour écraser les avis divergeant et veulent donner des leçons de démocratie en saisissant la justice contre ceux qui leur résistent?  Ils ne savent pas à qui ils ont à faire:

Ici un sondage en France: 61% des français  sont défavorables à l'éolien. L'opposition grandit malgré  les haussements de ton des lobbys dans leur communication.

 Et les maires assiégés par les chercheur de terres pour du vent, se mettent à écrire des livres, que peuvent-ils faire d'autre contre cette gangrène éolienne soutenue par l'Etat?



dimanche 13 mars 2022

La marche pieds nus, l'oiseau et le drône...

 

 À Saint-Brais si l'on ne veut pas s'énerver face au triste spectacle des éoliennes, il faut leur tourner le dos puis descendre vers le Doubs. Mais ce n'est pas toujours facile, la descente est raide et la remontée est rude. Je ne m'y aventurais plus trop, pensant que mon âge ne tenait plus le défi: éviter de dévaler la pente,  subir la pression sur les genoux, souffrir le martyre dans mes chaussures, ces promenades se déroulaient finalement sous de fâcheux auspices. 

Jusqu'à-ce que je découvre les chaussures dites "pieds nus", que je décidai de tester sur un parcours bien accidenté et très apprécié de mon compagnon. Magnifique! Formidable! Génial! Cette sensation de marcher pieds nus apporte la légèreté qu'il faut pour appréhender le terrain et faire disparaître les embûches qui peuvent miner ces sorties. Nous avons donc pu accéder au coeur du silence, dans la forêt, où le chant d'un oiseau qui semblait seul et joyeux comme nous de l'être, nous ravissait. Ressourcement bienvenu par les temps qui courent.

Ravissement vite perturbé par le sifflement grotesque d'un drône téléguidé au dessus des cimes vertigineuses que nous admirions justement... Quel genre d'abruti délègue à son joujou le soin de survoler la nature, rompant le silence rare qui nous manque tant? Quelle joie lui procure cette intrusion technologique jusque dans les moindre recoins voués à la détente humaine et animale? Jusqu'où faudra-t-il aller pour retrouver simplement la nature?

La peur de manquer et l'incapacité de réduire ou d'évaluer correctement nos besoins énergétiques pourraient bien coûter très chers en terme d'espaces naturels ces prochaines années. Le Jura vaudois commence à sentir la menace peser sur son territoire avec tous ces parcs éoliens libérés par le TF et ses arguments qui puent l'urgence réclamée en haut lieu... 

L'équilibre mental de chacun est menacé dans le contexte anxiogène qu'alimentent des professionnels de la communication au service de porteurs de projets divers. Parallèlement, on célèbre toutes sortes de "journées"  pour attirer l'attention sur les conséquences de ces catastrophes cumulées que sont le bruit, la maladie, la biodiversité dévastée, j'en passe et des meilleurs... On a même réussi à verdir certains bruits pour les délier de leurs responsabilités. Ils n'en demeurent pas moins nocifs.

 Vous pourrez-lire ci-dessous une lettre de lecteur, pas n'importe lequel en plus, qui s'inquiète du déni ridicule et dangereux qui entoure ces attaques industrielles dirigées contre les crêtes du Jura, dans le journal de Sainte-Croix:

Bonne lecture!

Messieurs les candidats au Grand Conseil,

Ayant lu vos déclarations dans le JSC du vendredi 25 février, j'ai constaté que vous êtes tous attachés à notre région, que vous appréciez le fait qu'il y fait bon vivre, et que vous vous félicitez de ce que le calme et la beauté de nos paysages y laisse espérer pour l'avenir un développement du tourisme doux.

Une chose me chatouille: à part l'un d'entre vous, vous semblez tous ignorer qu'un important chantier est en train de défigurer les hauteurs de Ste-Croix, et que 40 éoliennes sont projetées entre le Chasseron et le Creux du Van. Vous ne dites pas un mot sur ces projets qui nous impacteront pendant les vingt prochaines années, en détruisant le calme et la beauté qui vous plaisent tant! Je ne pense pas qu'il s'agisse de votre part de méconnaissance des réalités de la région.

J'aurais trouvé honnête que vous rappeliez nettement votre position au sujet de cette industrialisation de nos crêtes. Cela aurait sans doute intéressé les 800 électrices et électeurs de Ste-Croix qui se sont prononcés en 2020 pour un moratoire sur la construction de ces machines.

"Qui ne dit mot consent", dit-on. A moins d'une claire détermination de votre part, je déduirai de votre silence que vous approuvez ce massacre. Mon vote irait donc à Zakaria Dridi qui, lui, ose affirmer: "L'installation d'éoliennes est une fausse solution".

 

Michel Bühler

Il est clair que si le passe-temps du dimanche de ces candidats est de promener des drônes au-dessus des cimes... on est mal.


mercredi 2 mars 2022

Des milliers d'éoliennes cyberattaquées?

 

L'équilibre instable des illusions renouvelables...

 Voici deux liens que j'ai envie de partager ce matin, de quoi nourrir notre sens critique et ne pas avaler tout cru tout ce qui se raconte...

Pilotées par des satellites, près de 6000 éoliennes fonctionnent en ce moment en mode dégradé... Je vous laisse prendre connaissance de cette information ici déjà

C’est très révélateur sur la fiabilité d’un réseau de production décentralisé de ce type. Un nouveau business est né on dirait? Celui des demandes de rançons, qu’il faudra bien ajouter aux coûts des éoliennes... dans ce cas qui paiera? Et si l'objectif de cette cyberattaque n'est pas juste un business, bienvenue dans le monde merveilleux des enjeux énergétiques qui se fichent royalement de la transition écologique.

D'ailleurs jusqu'où ira le monde pour définir son producteur de gaz?

Une partie de la réponse dans cet excellent exposé du canard réfractaire:

https://www.youtube.com/watch?v=FapkmgNlaYk

Pendant ce temps des rêveurs se pavanent entre deux éoliennes géantes qui pourrissent toute une région, pour dire combien ils les aiment et comment elles nous sauveront.... Au secours! À voir ici



dimanche 13 février 2022

Notre vie dépend de leurs accords.

 

L'assouplissement des procédures mis en place partout en Europe est un cadeau de nos politiciens aux compagnies d'électricité, il nous reste les yeux pour pleurer.

Fukushima il y a quelques années a donné à deux conseillères fédérales en Suisse l'idée qu'elles avaient le pouvoir de sortir du nucléaire. 

Beaucoup d'eau depuis n'a cessé de couler sous les ponts, charriant des panneaux solaires et des éoliennes venus d'Allemagne ou de Chine, emballés à la va vite dans une stratégie énergétique 2050 offerte au peuple avec de beaux discours sur l'autonomie énergétique.

Nous commençons le lent réveil vers une réalité qui ressemble peu à la fable qui nous fut contée... Aujourd'hui l'autonomie énergétique se perd dans des histoires de gros sous et l'échec de sa mise en oeuvre n'a strictement rien à voir avec les opposants aux éoliennes comme on cherche à le démontrer. La voie  vers le grand n'importe quoi est ouverte, elle va du nucléaire au gaz, en passant par le reste, tout le reste, tout ce qui pourra produire et satisfaire les accords signés bien au-dessus de nos têtes, et sur nos têtes. Les entreprises d'électricité sonnent la fin de la récréation en se tournant vers les marchés extérieurs pour vendre leur jus aux plus offrant, semant la panique dans l'industrie Suisse, comme s'en plaint ici Mme Blocher confrontée aux limites du pouvoir face au marché, hé oui Madame, même vous ils vous auront, même vous allez goûter à leur toute puissance:

«Je m'oppose à cette arnaque!»: Magdalena Martullo-Blocher s'en prend aux entreprises d'électricité (cliquer vers l'article)

Le nucléaire revient sur toutes les lèvres, la production des éoliennes ne peut plus mentir, les rendement électrique sont en-dessous de toutes les prévisions, l'exemple du Gotthard pour faire vite, avec ce constat d'un ingénieur:

Après les dizaines de millions gaspillés avec ENNOVA, voici pour les SIG Genève le four financier du Gotthard:

Production annoncée: 16-20 GWH/ an  Effectivement: 11 GWh/an pour investissement de 32 mio CHF (ce qui donne un prix de revient de 30cts/kWh en haute tension.
https://ww2.sig-ge.ch/actualites/inauguration-du-parc-eolien-du-saint-gothard-0

 

L'association Environnement durable en France publie ce communiqué, qui résume cette situation incroyable découlant d'accords signés, d'arrangements, d'échanges commerciaux, de pressions diverses, mais jamais, jamais, jamais, de la volonté populaire. La sortie du nucléaire, l'autonomie énergétique, les énergies renouvelables dans notre jardin pour sauver nos enfants, ne sont que des stratégies de détournement de l'attention d'un peuple qui au fond les emmerde tous, parce que les seules choses qui les tiennent par le coeur et les tripes, ce sont les accords qu'ils ont passé avec leurs copains ou leurs ennemis.

Fédération Environnement Durable http://environnementdurable.net Contact@environnementdurable.net 

Communiqué de presseLe 12/02/2022

 Macron au service des industriels de l’éolien  

A Belfort le 10 février 2022, le Président de la République, Emmanuel Macron, pour justifier la relance de la filière nucléaire, a cédé aux industriels des énergies renouvelables en présentant un programme énergétique basé sur le développement massif des éoliennes et du solaire, ce qui n’empêchera pas les pénuries d’électricité et provoquera à coup sûr une atteinte au pouvoir d’achat des ménages. Selon ces déclarations, l’éolien terrestre verra sa puissance doubler, le territoire sera donc couvert par 15.000 à 20.000 éoliennes. Pour les éoliennes en mer le littoral sera envahi par une cinquantaine de sites qui occuperont une surface équivalente à 50 fois celle de Paris et concernant l’énergie solaire la puissance installée sera multipliée par dix ce qui correspondra à environ 200.000 hectares de terres agricoles qui seront recouvertes de panneaux.(1)Par contre, il a omis de dire que ce programme entrainerait la construction d’une quarantaine de centrales à gaz émettrices de CO², indispensables pour sécuriser l’approvisionnement en électricité de la France lorsque le soleil ou le vent sont absents, notamment en période d’hiver; ce programme rendra le tarif de notre électricité dépendant de la disponibilité et du prix du gaz russe. Pour museler toute contestation citoyenne face à ce programme, il a déclaré qu’il imposerait ses décisions par des arrêtés, ce qui consiste à vouloir supprimer les lois démocratiques. La France cumulera donc tous les inconvénients, économiques, écologiques et sociétaux de ces quatre filières énergétiques.On peut craindre que ce plan n’ait été imposé à la France par l’Allemagne, berceau du lobby des industriels des éoliennes, dans le cadre d’un « troc » pour que l’Europe accepte linclusion du nucléaire dans la taxonomie «verte» en cours de négociation à Bruxelles, sachant que dans les faits maintenant, l’Europe n’est désormais plus qu’un suiveur des décisions de l’Allemagne dans le domaine énergétique

Contact presse 

Jean-Louis Butré

 

samedi 15 janvier 2022

En Suisse sur 41 éoliennes, 22 sont de marque ENERCON.

 

https://www.ndr.de/fernsehen/sendungen/panorama3/Das-geheime-Firmengeflecht-von-Enercon,enercon270.html

Est-ce que le simple citoyen se pose la question de savoir qui est Enercon? Sait-il que la Confédération subventionne grassement les lobbys de l'éolien industriel, comme Suisse Eole qui finalement ne fait rien d'autre  que dérouler le tapis rouge à ce type d'entreprise? L'argent du contribuable utilisé officiellement pour la transition énergétique prend aussi le chemin de paradis fiscaux par la magie des combines propres aux multinationales, comme on peut le lire dans cet article de Kaveh Kooroshy

Je partage le point de vue de la personne qui nous a transmis ce reportage allemand: ceux qui devraient en premier se poser la question de la pertinence de certaines subventions ce sont ceux qui contrôlent les sorties d'argent des caisses publiques. 

La transition énergétique  se heurte non pas à des enfants gâtés Monsieur Müller à vous entendre ici,  qui ne veulent pas de nuisances dans leur jardin, comme on le dit trop souvent, mais à des personnes qui ne comprennent pas les raccourcis pris par les autorités pour sa mise en oeuvre. Des raccourcis qui ne profitent qu'à une poignée d'individus prêts à vendre leur mère pour ramasser de l'argent débloqué sans discernement.  La Suisse a-t-elle une seule fois élaboré une stratégie énergétique digne de ce nom? Quelle énergie devons-nous  produire pour quelles utilisations? Quelle société avons-nous les moyens d'alimenter? Mis-à-part se donner la possibilité d'imposer des projets éoliens  dévastateurs en terme de surfaces et de nuisances, qu'est-ce que la Confédération nous offre comme perspectives tangibles? Cela vous le dites bien et je suis d'accord avec vous, elle n'en donne pas. Elle parle beaucoup trop de production et pas assez de consommation.

Personnellement voilà ce que je sais: je sais que des éoliennes industrielles se dresseront partout, surtout sur les crêtes jurassiennes, je sais qu'elles n'assureront jamais l'électricité nécessaire à notre consommation actuelle. Je sais qu'elles participeront à la destruction de l'environnement ici et ailleurs, je sais qu'elles poseront des problèmes en fin de vie dont la durée n'est que de 20 ans, je sais qu'elles feront du mal autour d'elles en terme de santé, je sais qu'elles rapporteront énormément d'argent qui sera délocalisé, je sais qu'elles participeront à l'industrialisation de zones naturelles exceptionnelles. Je sais qu'une fois posées, même si elles vous rendent malades, plus personne ne vous écoutera. Je sais que les distances légales entre habitations et machines sont ridicules et ne servent une fois encore que des intérêts économiques.

Mais je ne sais pas combien d'électricité elles produiront, ce que cela représentera sur nos besoins énergétiques, ce que l'on fera les jours sans vent, comment on empêchera la spéculation sur les espaces qu'elles occuperont, comment on paiera les coûts qu'elles engendreront et comment on empêchera que de l'argent public servent des intérêts privés et peu regardant sur l'éthique. Je ne sais pas comment on répondra à la croissance exponentielle de notre consommation, à qui profitera le vent, quels droits les citoyens garderont sur cette production locale, qui défendra les victimes de l'éolien industriel, qui va empêcher et comment exactement, la main-mise des multinationales sur ces parcs éoliens? 

Je vois un monde pourri par l'argent, prêt à tout pour décrocher des espaces pour planter ces machines et encaisser des subventions. Je ne vois pas de projets fiables, respectueux, qui parlent d'avenir et de raison. Il y a bien des théories, beaucoup de théories, mais des garanties, des véritables consultations publiques, de la responsabilité et du respect, je n'en vois pas. Du blabla et c'est tout.

Non nous ne sommes pas des enfants gâtés, nous n'aimons pas être pris pour des cons. C'est tout. Et il serait facile à nos autorités de nous entraîner dans un projet de société qui parle de nous, qui parle d'avenir, qui parle de solutions. Pas juste nous faire avaler des pilules pour continuer de tout foutre en l'air.

mardi 28 décembre 2021

Les Maîtres du vent, de Michel Bühler, aux éditions Bernard Campiche


Des livres sur les éoliennes, j'en ai lu quelques uns et d'excellents comme "les Illusions Renouvelables" de José Ardillo, qui nous instruit sur la relation entre le pouvoir et l'énergie, et "Le sens du vent" d'Arnaud Michon, notes sur la nucléarisation de la France au temps des illusions renouvelables. Le livre de Michel Bühler c'est autre chose. La couverture déjà nous est familière: c'est chez lui, mais c'est chez nous aussi. Un petit village boudé par le temps, où peu s'installent mais où beaucoup de puristes viennent se ressourcer. Pas d'infrastructures touristiques racoleuses, une nature intacte faute d'intérêts économiques durant les dernières décennies, l'industrie étant trop occupée à envahir les zones urbaines ou les sites exceptionnels pour le tourisme. Et puis l'espace est devenu rare et coûteux. Les colonisateurs de tout poil se sont mis à lorgner sur ces lieux un peu oubliés, souvent délaissés,  sur ces  communes qui tirent le diable par la queue. Quelques usines ont retrouvé preneurs, ce qui ravi tout le monde, les appartements moins chers attirent les amateurs de nature et ceux qui n'ont pas les moyens de vivre spacieusement en ville. Un peu de sang neuf court dans les veines de ces villages et l'espoir d'y retrouver une dynamique sociale et culturelle naît dans l'esprit de ceux qui ne les ont jamais quittés, qui en connaissent chaque coin, chaque pierre, qui les ont entretenus, maintenus, amenés jusque là.

Qui aurait pu imaginer que les ennemis numéro 1 de ces communes seraient les producteurs d'énergies renouvelables? Pas leurs habitants, c'est sûr. Les éoliennes encore peu connues n'évoquaient alors guère plus que quelques tourniquets blancs à l'horizon,  une formidable solution pour produire de l'énergie sans déchets radioactifs. Elles s'imbriqueraient parfaitement dans le décors et la mentalité du coin. Devenir les gardiens des énergies renouvelables, comme s'en réjouissaient beaucoup, pourquoi pas?

Et puis...

La réalité nous a littéralement explosé le coeur. Les déchets ne sont certes pas radioactifs, non, les déchets ce sont nous. Des habitants méprisés, à qui l'on ment effrontément, auxquels on impose des projets démesurés qui vont définitivement détruire une région qu'ils ont portée à bout de bras quand personne ne s'intéressait à son destin. La Confédération qui a si longtemps négligé ces petites communes, ouvre grande sa bourse à des spéculateurs qui ne voient que l'argent qu'ils tireront de ces vastes espaces libres, ouverts à tous leurs fantasmes industriels. Vert: la formule magique qui leur a montré le chemin du pillage d'argent public le plus spectaculaire de tous les temps disent certains. Des milliards pour détruire des régions précieuses contre presque rien: un peu d'électricité vite noyée dans le réseau qui alimente la course à la consommation irresponsable qui caractérise nos sociétés.

Voilà. Nous avons lutté des années pour alerter sur ces monstruosités, ces injustices, ces erreurs de discernement, ces dangers qui menacent les Crêtes jurassiennes, comme les îles grecques, comme les populations autochtones brésiliennes ou mexicaines, comme les Pouilles en Italie… etc, Tout ce qu'il reste d'espace où la vie se passe d'excès, tout ce qui échappe au contrôle, à la rentabilité, aux bourses, aux pouvoirs. Vert. La fameuse clé qui leur a ouvert toutes ces portes merveilleuses. Il y en a même qui parle d'énergie propre…Cela en dit long sur l'épaisseur du nuage qui enveloppe ces menaces.

Le livre de Michel Bühler a ceci de particulier qu'il nous immerge dans la réalité de ceux qui se battent pour la sauvegarde de la Nature qui nous entoure et qui nous tient debout. Ces lieux sont les derniers que nous pouvons sauver, parce que nous savons tous ce que devient un espace lorsque l'industrie s'en empare.

Non, on ne nous emprunte rien, comme aiment le dire les promoteurs,  on nous pille, on nous écrase, on tue notre voix.

lundi 13 décembre 2021

La magie du tri


Dès que vous émettez un avis, il y a une armée de contrôleurs qui se met en marche. Vous êtes alors dirigé vers la poubelle appropriée.

Vous êtes contre les éoliennes?  Vous rejoindrez assez rapidement le container des pro-nucléaire. 

On vous donne le choix de ne pas vous vacciner contre un virus et vous choisissez de ne pas le faire? Vous serez jetés dans le container des complotistes.

Extrémistes, fascistes, gauchistes, anarchistes, utopistes, hystériques, la panoplie est assez vaste pour que tout ce qui dérange y trouve une place et que l'individu y disparaisse. 

Des histoires choquantes autour des pales je vous en ai raconté quelques unes. Aujourd'hui la situation mondiale fait apparaître au grand jour les difficultés que nous avons de gérer les catastrophes qui s'abattent sur le monde. De plus en plus notre champ d'action se limite à notre environnement direct... et encore. Il me semble que nous perdons un peu le Nord comme on dit, que nous nous trompons d'ennemis et que notre bon sens est désactivé. J'en veux pour preuves, ces petites anecdotes, ces dommages collatéraux et autres arrangements internationaux qui pourrissent notre discernement. J'aborde ici, non sans appréhension vu ce qu'il déclenche de mépris et de haine,  un autre sujet qui me tient éloignée  de la lutte anti-éolienne,  tellement les proportions de son emprise étouffent les mots vie et engagement. 

Je ne peux pas être indifférente à la banalisation de l'exclusion.

Dans un village proche de chez moi, il y a une petite société de gym pour personnes retraitées. Des bons copains qui pratiquent une autre activité sportive  ensembles. Il y a peu, ils sont partis en week-end dans la même voiture. Le chauffeur non vacciné a porté son masque et respecté les mesures de sécurité, durant tout le voyage, pour protéger son passager vacciné. Son passager ne s'est pas donné cette peine, même si, tout le monde le sait, il pouvait tout-à-fait  être porteur et transmetteur du virus. Le week-end s'est très bien passé,  une belle sortie entre copains de longue date... sans contamination, je vous rassure.

Et puis la 5ème vague est arrivée. Le passager vacciné sans doute pris de panique, a fait circuler une pétition pour demander l'exclusion de deux individus non vaccinés du groupe de gym. Parmi eux, le chauffeur-copain de la virée sportive récente et sympathique mentionnée plus haut, qu'il n'a pas jugé utile d'informer de sa démarche en cours. 

Ce soir-là, le pétitionnaire savait que son copain ne serait pas là. Lorsque le deuxième citoyen non vacciné est arrivé tout sourire à la séance de gym, qui depuis des mois se déroulait avec les normes de sécurité en vigueur et qu'il a toujours respectées, ses "copains" lui ont demandé de quitter les lieux, que les non vaccinés n'étaient plus les bienvenus. À lui d'informer le second exclu.

Le CF n'avait encore rien demandé de pareil. Le canton non plus. Ils ont agi totalement indépendamment d'une quelconque directive sanitaire.

Il est interdit de s'indigner, sous peine d'être étiqueté.

Je ne sais pas vous, mais moi cela me fait réfléchir, En moins de deux ans, nous avons balancé quantité de nos valeurs dans des containers, Je crois que chaque jour je me pose la question du sens. On me dit que c'est une question de solidarité? Sans aller retirer les complotistes de leur poubelle, simplement en observant ce qui se passe ici, dans nos villages, ou dans ce centre  professionnel dans le canton de Neuchâtel où des personnes en reconversions professionnelles se sont faites éjecter de leur classe en plein cours, pour cause de non vaccination, sans préavis, comme des pestiférées sous les yeux effrayés de leurs collègues (témoignage de Sandra ici sur les réseaux sociaux) et si on s'élève encore un peu et que l'on regarde comment s'est faite la distribution des vaccins dans le monde dans le documentaire de la RTS "Histoire Vivante, la diplomatie du vaccin", je ne trouve nulle part le sens de la solidarité dans ce débat.  D'autant plus que légalement, la vaccination n'est pas obligatoire et que ceux qui ne passent pas par la seringue sont encore des citoyens parfaitement légaux.

Alors quoi? Une fois de plus on se déteste tous et on verra après qui avait raison? On sait pourtant qu'à ce jeu-là il n'y a que des perdants.

On peut commencer par diffuser le 24h de Pujadas du mardi 7 décembre dernier sur LCI, le volet sur le variant Omicron pas encore passé au centre de tri à ma connaissance, mais chut, personne n'en parle encore, les bonnes nouvelles peuvent faire du bien, ce n'est plus très en vogue.

samedi 27 novembre 2021

Et si je suis désespéré, que voulez-vous que j'y fasse? (G. Anders (Stern))

 


Le déferlement éolien a commencé. Les jugements attendus du Tribunal Fédéral, d'abord Sainte-Croix, puis la Montagne de Granges (et il y en a d'autres à venir, voir ici) tombent en faveur des constructeurs de parcs éoliens, répondant aux attentes politiques inspirées par le lobby  du vent.

L'actualité éolienne en Suisse c'est ici: https://www.paysage-libre.ch/

Dans la crise "sanitaire" actuelle, je retrouve beaucoup des mécanismes constatés dans la lutte contre les éoliennes entre 2009 et 2016. Avec la différence qu'elle occupe davantage les réseaux sociaux et amène vers la lumière à coups de tweet et autres post sur Instagram,  le pire et le meilleur.

J'avoue que ce constat me rend quelque peu sceptique et désespérée. Sceptique sur les intentions réelles de la société telle qu'elle se présente, et désespérée  face à l'ampleur des dégâts.

Ce qui se passe aujourd'hui, d'autres l'ont traité bien avant nous. Nous avions les moyens intellectuels de devancer les problèmes mais cela n'a visiblement servi à rien. Ces personnalités de la première moitié du 20ème siècle, dont les expressions inondent les réseaux sociaux, n'ont pas juste balancé des phrases bateau utiles à résumer un instant de lucidité à partager au 21ème! 

Aujourd'hui c'est Günther Anders qui est arrivé jusqu'à moi, avec un texte plutôt inquiétant, mais pas du tout surprenant, que je vais retranscrire ci-dessous. Le titre de ce post vient de cette phrase dans la présentation du personnage sur Wikipédia: " Et si je suis désespéré, que voulez-vous que j'y fasse ? explicite le sens de cette devise inspirée d'une formule de GoetheN 2 déjà reprise par Nietzsche : il ne s'agit pas de faire du désespoir, aussi lucidement fondé qu'il soit, une source d'auto-apitoiement, mais plutôt d'affirmer qu'il n'enlève rien à l'urgence de l'exhortation et de l'action1"

L'agonie des paysages jurassiens est terriblement difficile à accepter pour moi. Nous avons fait beaucoup pour alerter sur cette abomination et pourtant elle se fait. Comment une chose pareille peut arriver? Comment rester dans l'urgence et dans l'action après autant de désillusions? Et qu'est-ce qui rend le peuple aussi consentant? Günther Anders nous secoue là-dessus.

Voici un extrait de l'obsolescence de l'homme de Günther Anders, en 1956:

"Pour étouffer par avance toute révolte, il ne faut pas s’y prendre de manière violente. Les méthodes du genre de celles d’Hitler sont dépassées. Il suffit de créer un conditionnement collectif si puissant que l’idée même de révolte ne viendra même plus à l’esprit des hommes.

L’idéal serait de formater les individus dès la naissance en limitant leurs aptitudes biologiques innées. Ensuite, on poursuivrait le conditionnement en réduisant de manière drastique l’éducation, pour la ramener à une forme d’insertion professionnelle. Un individu inculte n’a qu’un horizon de pensée limité et plus sa pensée est bornée à des préoccupations médiocres, moins il peut se révolter. Il faut faire en sorte que l’accès au savoir devienne de plus en plus difficile et élitiste. Que le fossé se creuse entre le peuple et la science, que l’information destinée au grand public soit anesthésiée de tout contenu à caractère subversif.

Surtout pas de philosophie. Là encore, il faut user de persuasion et non de violence directe : on diffusera massivement, via la télévision, des divertissements flattant toujours l’émotionnel ou l’instinctif. On occupera les esprits avec ce qui est futile et ludique. Il est bon, dans un bavardage et une musique incessante, d’empêcher l’esprit de penser. On mettra la sexualité au premier rang des intérêts humains. Comme tranquillisant social, il n’y a rien de mieux.

En général, on fera en sorte de bannir le sérieux de l’existence, de tourner en dérision tout ce qui a une valeur élevée, d’entretenir une constante apologie de la légèreté ; de sorte que l’euphorie de la publicité devienne le standard du bonheur humain et le modèle de la liberté. Le conditionnement produira ainsi de lui-même une telle intégration, que la seule peur – qu’il faudra entretenir – sera celle d’être exclus du système et donc de ne plus pouvoir accéder aux conditions nécessaires au bonheur.

L’homme de masse, ainsi produit, doit être traité comme ce qu’il est : un veau, et il doit être surveillé comme doit l’être un troupeau. Tout ce qui permet d’endormir sa lucidité est bon socialement, ce qui menacerait de l’éveiller doit être ridiculisé, étouffé, combattu. Toute doctrine mettant en cause le système doit d’abord être désignée comme subversive et terroriste et ceux qui la soutienne devront ensuite être traités comme tels. On observe cependant, qu’il est très facile de corrompre un individu subversif : il suffit de lui proposer de l’argent et du pouvoir ».



 

dimanche 31 octobre 2021

Colonialisme vert: tout ce temps perdu!

 

Dès l'arrivée des éoliennes dans les Franches-Montagnes la problématique du colonialisme vert s'est révélée. Un débat très souvent écarté au sein même des associations qui luttent contre des projets éoliens locaux, parce que, entendait-on souvent: "les gens se fichent de ce qui se passe ailleurs" ou encore: "ailleurs on peut,  les surfaces sont plus grandes, les habitations plus rares".  Et bien entendu, les éternels: il faut bien "les mettre quelque part" ou "faire quelque chose"

L'urgence climatique fait voler en éclats la protection des derniers lieux sacrés de l'humanité aux profits des promoteurs, des banques et des états.

Celui qui ne comprend pas l'importance universelle des terres indigènes, celles proches de Oaxaca au Mexique, comme celles de l'Arctique norvégien, en passant par les sols africains, les côtes brésiliennes, les îles grecques, les déserts américains etc.... Celui qui ne fait pas le lien entre la colonisation de Sainte-Croix, du Mont Soleil, de Saint-Brais et toutes ces monstruosités industrielles commises  dans le monde vivant, franchement celui-là ne changera rien nulle part.

On sait bien que la douche froide n'est pas la solution du problème. Mais on préfère se contenter de sauver petit plutôt qu'affronter l'ampleur des problèmes, en espérant toujours que d'autres s'en chargeront. Mais notre solidarité, notre survie, notre responsabilité s'étendent bien au-delà de cette zone de confort qui entoure notre maison. On peut lutter pour notre coin de terre, mais on ne doit jamais oublier qu'il est connecté au reste du monde vivant et l'intégrer dans nos réflexions, délocaliser le problème! Tous ces "petits problèmes" qui s'installent sur nos Crêtes jurassiennes font partie d'un projet mondial complètement sourd à l'urgence climatique, on change juste les noms et on continue ce qui nous a mené ici et maintenant. Les peuples qui au fond sauvent la planète en vivant de leurs savoirs ancestraux, avec des bilans carbone proche de zéro, ceux-là sont chassés, expropriés, abandonnés, poussés à la misère, à la reconversion, à l'adaptation dans une civilisation sans avenir.

Voici quelques lien pour  élargir notre horizon, et ne plus avoir à entendre des bêtises comme j'en ai entendues il y a peu de la bouche d'un homme politique qui s'énervait de ne pas voir les membres d'extinction rébellion monter sur les Crêtes pour protéger les chantiers d'éoliennes industrielles! 

L'appétit des uns et l'ignorance des autres sont les premiers ennemis de la planète.

Voici des lien qui alertent,  Madame Bugault, propose des solutions même. Alors ne nous en privons pas.

Heidi.News: Quand la transition énergétique vire au colonialisme vert. À lire ici

Valérie Bugault, Trahison des institutions, la mort de l'état? Je n'ai pas tout écouté, j'ignore encore tout de Mme Bugault, mais ce que j'ai entendu ne sort pas de nulle part, et elle fait des propositions concrètes, qui m'ont semblé intéressantes pour repenser notre vivre ensembles et contourner l' impasse dans laquelle l'organisation politique actuel nous conduit. Je dois me pencher plus longuement sur son discours, mais voici déjà de quoi entrer en matière.

Pour les douches courtes, un éclairage  ici

Le monde est aussi entre nos mains.

Source de l'image ici